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Réalisateur : Erik Poppe.

Acteurs : Andrea Berntzen, Elli Rhiannon Müller Osbourne, Aleksander Holmen, Brede Fristad, Sorosh Sadat, Daniel Sang Tran, Mariann Gjerdsbakk, Torkel Dommersnes Soldal, Tamanna Agnilhoter.

2018

Appréciation personnelle: ***

Fjotolf Hansen, anciennement connu sous le nom Anders Behring Breivik, né le 13 février 1979 à Oslo, est un terroriste norvégien d'extrême droite, qui a perpétré et revendiqué les attentats d'Oslo et d'Utøya, qui ont fait un total de 77 morts et 151 blessés le 22 juillet 2011. " (Wikipedia).

Déjà porté à l'écran voici quelques mois sous le titre " 22 Juillet " par Paul Greengrass, cette évocation de ces deux attentats nous parvient sous une approche différente et toute aussi convaincante qu'elle pouvait l'être dans le film précédent.

Paul Greengrass brassait plus large, évoquant largement l'attentat à Oslo, l'arrivée du terroriste d'extrême-droite sur l'île, glaçant dans son envie de faire le mal et de tuer et s'attachant à un adolescent en particulier (personnage réel) et à sa reconstruction, mettant en scène également le terroriste dans son acte criminel et lors de son procès.

Erik Poppe a choisi une forme plus minimaliste, plus intime, passant très vite sur l'acte de terrorisme dans la capitale norvégienne pour nous amener sur l'île où la caméra distingue Kaja des autres adolescentes et c'est elle qui sera le fil coducteur de l'histoire. Elle est un personnage fictif mais construit à partir des témoignages recueillis auprès des survivants.

Les premières images sont celles d'un camp de jeunes avec toute la décontraction, la bonne humeur, la nonchalance liées à la jeunesse et l'on a le coeur qui s'étreint de savoir que l'atmosphère va basculer dans l"horreur et le carnage !

La caméra est au plus près et nous suivons Kaja dans sa course à la vie, dans sa peur, à la recherche de sa soeur, traquée comme les autres et ne parvenant pas à comprendre ce qui se passe, terrorisée, épuisée.

Du tueur, nous n'apercevrons que sa silhouette lointaine, nous ne le verrons jamais, son arrivée sur l'île se signale par des tirs qui se multiplient, proches, lointains, assourdissants, comme si l'homme était plusieurs et la terreur s'installe dans ce groupe de jeunes venus sur cette île pour un camp d'été de la ligue des jeunes travaillistes. Le film est éprouvant, oppressant, l'ennemi est là mais on ne le voit pas, l'étau se resserre, fuir à tout prix mais où, l'île est petite ! Entre quelques tirs nombreux, le silence inquiétant ! 

Le film est efficace, la peur est viscérale, animale ! De l'émotion certes mais surtout je me suis senti glacé !

Il n'y a, d'autre part, aucun voyeurisme , aucune extravagance, aucune idécence, la caméra a su rester pudique !

Les jeunes acteurs sont excellents, en particulier la jeune actrice qui interprète Kaja et l'on se dit que le tournage a dû être très éprouvant, moralement mais aussi physiquement !

" En février dernier, le jury de la Berlinale a exclu de son palmarès l’impressionnant Ut ø ya, 22 juillet. Un film coup-de-poing, dont on ne sort pas indemne, tant la mise en scène d’Erik Poppe place le spectateur au centre de la tragédie d’Utøya. " (La Libre).

A noter que le film dure 72 minutes, le temps que dura la fusillade et qu'il a été réalisé en un long plan-séquence.

 

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