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Réalisateur : Stéphane Demoustier

Acteurs : Melissa Guers, Roshdy Zem, Chiara Mastroianni, Annie Mercier, Anaïs Demoustier, Carlo Ferrante, Pascal-Pierre Garbarin, Paul Aïssaoul-Cuvelier

2019

Appréciation personnelle : ***

Le film est inspiré de l'histoire d’Acusada, un film argentin sorti en France en juillet 2019. " (Allociné)

Rarement dans le cinéma français un film relatant un procès aura été aussi palpitant que celui-ci d'autant plus que priorité est donnée à la personnalité de l'accusée, à son quotidien familial avant de savoir si l'adolescente est accusée, à tort ou non, d'avoir tué sa meilleure amie ! La scène finale est d'ailleurs belle et ambiguë et laisse le spectateur devant son interrogation à laquelle il aura du mal à avoir réponse ! Frustration, sans doute, mais c'est voulu puisque l'issue du procès n'était pas l'objet du film mais plutôt tout ce qui accompagne le cheminement d'un procès quand un accusé, fragile et seul, est livré à des hommes de loi, à un public, que sa vie intime est dévoilée et que jugement moral il peut y avoir quand c'est d'intégrité dont il devrait être question !

Dans le film, le procureur est une jeune femme conservatrice qui semble douter de la moralité de la jeune accusée et de s'en servir pour tenter de l'inculper.

L'avocate qui défend cette ado est une femme bien plus âgée et libérale, plus généreuse, qui refuse que l'on associe meurtre avec vie libre et "facile" ! Signifiant par là que les jeunes ont leur propre vie et d'autres repères que leurs aînés, que même si on a du mal à accepter certaines attitudes, certains comportements, cela ne doit pas être pris en compte pour accuser une personne d'un meurtre !

Filmé sobrement et cliniquement, le film va à l'essentiel subtilement et avec beaucoup de maîtrise, des dialogues très bien écrits, une belle distribution d'acteurs et, pour son premier rôle, une Melissa Guers très imprégnée de son personnage !

" A travers l'autopsie clinique d’un procès, Stéphane Demoustier a voulu aborder les moeurs de la jeunesse d’aujourd’hui sans la juger. Or, dans une affaire judiciaire, tout est exacerbé et le procès agit donc comme un miroir grossissant des rapports intergénérationnels. " (Allociné)

Le président du tribunal est joué par un vrai avocat, Pascal-Pierre Garbarini. " (Allociné)

Quant à la fin du film, la jeune actrice a demandé au réalisateur si son personnage était coupable ou innocent. 

Réaction du réalisateur : " Je me suis toujours dit en écrivant ce film qu'il fallait m'infliger à moi-même ce que j'infligerais au spectateur. C'est-à-dire que je ne sais pas si cette fille est coupable ou non. L'actrice est la seule à savoir. Je voulais aussi que le spectateur assiste à un procès sans preuve absolue.  On n'a jamais accès à la vérité primaire. Et donc on a la vérité juridique et notre vérité intime, mais l'accusée est la seule à connaître la vérité primaire. Je voulais tenir cette ligne qui me semblait conforme à la proposition du film. Au cinéma, dans un film de procès, souvent la vérité absolue éclate mais en réalité ce n'est pas souvent le cas. Je voulais rendre compte de çà.

Ce film pose aussi la question de savoir quelle est la connaissance que nous avons des personnes que nous côtoyons, des membres de notre famille, des zones d'ombre de chacun, d'une vie cachée parfois, tue aux autres et de savoir comment gérer entre vérité juridique et vérité primaire quand un être est acquitté et qu'il reprend sa place dans la société auprès des siens. Faire comme si .... !

 

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